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L’auteur

Claude Barthélémy

Claude Barthélémy,  Psychiatre des Hôpitaux, ancien chef de service et responsable de pôle, AEHP AIHPsych.Paris. Ex chargé de cours Université Paris V et cours complémentaires Bordeaux II. Membre titulaire de la Société de l’Evolution Psychiatrique. Ex-Expert auprès de la Cour d’Appel d’Agen. Président d’Honneur de l’Association Nationale des Psychiatres Présidents et Vice Présidents de CME et ancien Vice Président de la Conférence des Présidents de CME des Centres Hospitaliers Spécialisés en Psychiatrie.

Auteur de  communications et publications dans le champ de la Psychiatrie (dont certains sont consultables sur le site de la Revue « l’Information Psychiatrique » www.jle.com ) A dirigé en particulier en 1994 la rédaction du « Livre Vert de la Psychiatrie » de l’ANPVPCME  dont il a écrit la première partie, disponible sur ce site. L’intégralité du Livre Vert était consultable sur l’ancien site de l’Association mais a disparu de son nouveau site. On pourrait y voir un trouble de la mémoire collective, une négation de l’Histoire, à moins qu’il ne s’agisse de couper définitivement les racines… C.Barthélémy est également l’ auteur du Rapport « L’Homme et la Folie » qu’il a présenté aux États Généraux de la Psychiatrie à Montpellier (2003) et qui, comme les autres Rapports présentés lors de ces journées mémorables, n’a jamais été publié. Il a donc semblé utile de le mettre en ligne.

Le site

Encore un site…

Etait il bien nécessaire de participer à la grande parade des Ego que la technique informatique autorise aujourd’hui en permettant à chacun de faire connaître à tous son point de vue, ses états d’âme et son humeur sur n’importe quoi, dans l’instant et sans recul ? Est-il bien utile d’ajouter une voix à celles, déjà innombrables qui  s’accordent ou s’affrontent, agitées par les passions tristes, pour constituer au bout du compte le bruit de fond toujours frivole et changeant, souvent insipide, parfois dangereux qu’on appelle « l’opinion » ?

Certainement pas. J’ai bien conscience que ma réflexion et mes doutes bien plus que mes convictions n’importent qu’à moi. S’agit il alors d’une simple adresse à moi-même où le miroir narcissique des  mots ne s’adresserait qu’à leur auteur ? Peut-être. Sans doute. Mais alors pourquoi les donner à lire ? Question que se posent tous ceux qui, un jour, écrivent et refusent le piège du solipsisme. Toute parole ne vaut qu’à risquer de tomber dans l’oreille d’un sourd.

Mais… il y a un peu plus…

Les contingences ont fait que je devienne, à deux reprises au cours de ma vie professionnelle le porte parole d’une collectivité : Celle, d’abord, de l’Association des Psychiatres Présidents des Commissions Médicales d’Etablissement, regroupant les médecins hospitaliers élus par leurs pairs pour présider et animer ces commissions dont la fonction était de représenter les médecins et de faire entendre leur voix au sein des hôpitaux.

L’Association m’avait en effet chargé, en 1994, d’être le rédacteur en chef d’un ouvrage collectif : Le Livre Vert « de la Psychiatrie. »

Le Livre Vert devait certes exprimer et décliner dans ses différentes dimensions une conception du soin psychiatrique propre à la Psychiatrie Publique Hospitalière et à la doctrine du Secteur, mais s’adressait bien au-delà aux acteurs de toutes professions du champ psychiatrique quel que soit leur mode d’exercice. Plus généralement encore, le Livre Vert s’adressait à tous ceux qui se reconnaissaient dans une  psychiatrie humaniste, à l’écoute de l’Inconscient comme de la Conscience et partageaient une approche de l’Homme, comme Sujet incluant mais non limité à l’objet de la Médecine et une approche de la Folie comme constitutive du phénomène humain, incluant mais non limitée aux maladies mentales.

C’est sans doute parce que beaucoup se sont reconnus dans ce programme que les organisateurs des Etats Généraux de la Psychiatrie, réunis à Montpellier en juin 2003, m’ont à leur tour mandaté pour y présenter un Rapport sur « L’Homme et la Folie », reprenant largement les thèses développées presque dix ans plus tôt. L’accueil très favorable qui leur fut réservé lors de la présentation du Rapport , prouvait leur persistante actualité et la vitalité d’un courant de pensée résistant  aux évolutions de la Psychiatrie officielle et de la Société tout entière.

Ce rassemblement, devait manifester la force de ce courant et son renouveau. Il devait exprimer le refus des soignants en psychiatrie de voir leur discipline ravalée au rang d’une médecine d’organe, simple spécialité médicale parmi les autres en regroupant toutes leurs composantes : professionnelles, associatives, syndicales. Hélas ! Le mouvement naissant est rapidement tombé dans le silence puis dans l’oubli. Sur Internet, le site même des Etats Généraux qui devait assurer sa persistance a été détourné à d’autres fins et le nom de domaine dont nul ne s’est soucié a été racheté pour héberger des sites aux antipodes de son intitulé.

Les Rapports produits aux Etats Généraux qui n’ont pas été publiés ne sont donc plus consultables et pas d’avantage les motions et les conclusions qui furent votées en séance plénière par quelques 3000 participants.Faut -il que tout ces travaux n’aient servi à rien?  Pourquoi ne pas offrir à qui voudrait la connaître , au moins la petite part que j’y ai prise ? Celle là au moins, il dépend de moi d’en faire part. Quoi que vaille le don, donner n’est peut-être pas qu’un acte égoîste…

Les dissensions  professionnelles, associatives et syndicales, les luttes intestines, les tentatives de récupération, ont fait linceul de nos espoirs et laissé aux pouvoirs publics et aux bureaucraties l’entière maîtrise du champ et du destin de la Psychiatrie. Le rôle des médecins hospitaliers et de leur instance représentative a été peu à peu dilué dans des instances technocratiques ou marginalisé. Il est vrai que bon nombre de médecins et de psychiatres des hôpitaux ont accepté sinon approuvés ces évolutions. Les quelques cris d’indignation, aussi vifs qu’éphémères, jetés hier ou demain à l’occasion de quelque loi nouvelle ou de quelque discours provocateur, loin d’avoir l’ampleur des Etats Généraux, simples répliques au sens sismologique, n’ébranleront pas le temple.

Bien évidemment je n’ai nulle prétention d’y parvenir à moi tout seul et ma voix solitaire n’est destinée qu’à porter témoignage et à sauver de l’oubli ce moment de l’Histoire de la Psychiatrie française que je veux croire important, comme le sont les dernières paroles d’un grand malade tout d’un coup saisi d’une ultime vigueur, dont nul ne prédirai pourtant la survie et qui prendraient, de ce fait valeur testamentaire … « afin que les actions des hommes ne soient pas effacées par le temps et que les grands et prodigieux exploits accomplis par les Grecs et les non-Grecs ne tombent pas dans l’oubli » écrivait Hérodote d’Halicarnasse … toutes proportions gardées.

Sans doute, comme il est d’usage dans l’histoire des idées, celles qu’il m’a été donné de porter, après avoir cheminé souterrainement, ressurgiront un jour avec une nouvelle jeunesse et un éclat nouveau. Elles éblouiront ceux qui croiront les découvrir. Il y faudra sans doute quelques décades. « Chaque génération sans doute se croit vouée à refaire le monde, la mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas, mais sa tâche est peut-être plus grande, elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse » se donnait pour programme Albert Camus dans son discours de Stockholm. Sans doute était il un peu trop optimiste quant à la lucidité de ses contemporains. Mais son projet est plus que jamais d’actualité et il revient à chacun, à sa mesure, d’y concourir.  C’est pourquoi il m’a semblé légitime d’ouvrir à nouveau à chacun cette réflexion sur « L’Homme et la Folie ». Ce site n’a pas d’autre ambition. A vous d’en juger.

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